(re)Prise de Conscience

Âme de mon Âme, Coeur de mon Coeur, je te parle, encore et toujours, et depuis toujours. Tu sais, ce toujours dont on dit qu'il exprime une période si longue que l'on ne peut même pas se souvenir de son début, hormis de "savoir" "...qu'il y a très longtemps...", plus longtemps que mémoire de Claude...

J'écris "mémoire de Claude" et je ressens toujours cette impression fugace de devoir m'excuser de parler à la première personne du singulier; je me suis si bien appris à "faire attention aux convenances" que j'ai même peine à parler de moi à la première personne, même lorsque je m'adresse à moi-même, déformation bien humaine. Voilà pourquoi je confonds souvent le "je" et le "on", pour ne pas avoir "l'égocentricité" de me sentir "présomptueux". Je mets certains mots et expressions entre guillemets dans le but de susciter un certain arrêt sur leur véritable sens sémantique, plutôt que le sens "habituel", celui que "tout le monde" est censé connaître...

Voilà. Étrange entrée en matière, non ?

Je suis, essentiellement, un frondeur (j'allais presque qu'écrire fraudeur...), un être passé maître dans l'art de me faire paraître, même à moi-même, courageux, serein, tranquille, sûr de moi, confiant, conscient, éveillé et en paix avec moi-même. Oh ! En mon for intérieur, c'est ainsi que je me conçois et je me soucie peu des qu'en-dira-t-on, à ce qu'il semble. Je le ressens, simplement, sans présomption mais aussi sans fausse modestie.

Mais il y a parfois loin à parcourir entre le "for intérieur" et son vestibule, l'égo, entre le Coeur et le Siège (Trône) de ma pensée... Entre le Dieu qui est Moi et le moi qui se croit dieu...

De l'Apparence à l'Actualité  (vérité primordiale), le chemin est, ou paraît, interminable et dangeureusement miné.

Grand confident de ces dernières 50 années, tu en as vu couler de l'encre mu;tico;ore sous tes ponts en arabesques ! Tu as été le Témoin patient de mes états d'être; tu as même, parfois, dû subir les coups de patte aggressifs de cet ours que je suis, cet ursus solitarius qui refusa d'hiberner, mêm en plein coeur de ses hivers le plus durs, les plus froids et les plus rigoureux.

Cet ours frondeur-fraudeur...

Il s'est passé presque 9 années entre le début et la fin de ce présent cahier, ce tome ???; c'est celui qui fut le plus "écologique" ayant consommé le moins d'encre que tous les autres.

Étrangement, il s.achève avec un aveu à moi-même, l'aveu le plus vrai que je me sois jamais fait à voix haute. Voilà pourquoi je l'ai intitulé "(re) Prise de Conscience".

 

Encore une fois, je n'ai pu résister à l'attrait d'être volubile ("bavard" diraient certains).

J'arrive donc à cet aveu, mais il me coûte beaucoup de l'exprimer par écrit (j'ai toujours cru le dicton qui énonce que ... les écrits restent...). Une partie de moi redoute de "finaliser" sur papier ce que je sais sans le dire depuis déjà si long de temps. C'est comme si je craignais de démolir ce barrage que j'ai volontairement construit pour endiguer le courant du fil de mon Être à mon "état d'être". Qui sait que force prodigieuse se déferlera par la suite ?

Bon. J'ai décidé de l'écrire et je ne serai pas infidèle à Moi-Même...

Tu sais, je sais, nous savons quelle somme d'efforts ont été déployés en ces 50 années de vie "connsciente" pour éviter d'en arriver à ce moment fatidique. Avant, j'aurais écrit "courage", maintenant, je ne sais si ce fut le courage ou la lâcheté qui m'ont poussé à cacher dans un placard une moitié de ma totalité en me convainquant que l'autre moitié était le tout.

 

 

Alors voilà:

Depuis si longtemps, j'essaie de me convaincre que je suis confiant, conscient, optimiste, heureux, serein et tout le tralala... Tellement que j'ai réussi à fonctionner sur l'élan de ctte fable pendant tout ce temps. J'ai agi "comme si c'était vrai". Je voulais tellement que ce soit vrai, je le veux encore et, même, je sais qu'essentiellement c'est vrai.

Mais, vois-tu, la foi et la conviction se sont érodées avec la vie, ou plutôt, je les ai laissé s'éroder; j'ai néanmoins serré les dents et j'ai continué de fronder-frauder...

La vérité, au fond, celle que je tentais de me cacher à moi-même et aux autres, c'est que je suis rempli de regrets (comme c'est dur à écrire !).

J'aurais tellement voulu goûter de cette reconnaissance de savoir que ma musique, mes chansons, ce que j'appelle "mes oeuvres" m'apportent non pas la gloire, l'idolâtrie et les honneurs mais surtout l'abondance économique me permettant de vivre pleinement mes rêves et mes désirs intérieurs. J'aurais voulu éviter de causer de la peine et de la douleur à ceux que j'aime. Je le veux encore. Je veux vivre sans avoir à mettre de côté tous ces désirs de parcourir le monde, de donner des concerts partout, au gré de mes intuitions et des sychronicités sans avoir à constamment reporter à une date ultérieure indéfinie, par manque de fonds et de ressources matérielles.

Oui, je joue et j'ai joué à l'indifférent, à celui qui fait semblant d'accepter "ce qui est" sans broncher et que j'ai sûrement moi-même créé au fil de mes choix. Mais, je me suis retrouvé dans une situation où je m'en veux d'avoir "choisi" l'indigence et la solitude...

J'ai pourtant été heureux de "donner sans compter" (du moins c'est ce que j'ai toujours cru, sincèrement). J'ai joui de tous ces moments passés avec les enfants, de tous ces amours que j'ai vécu sincèrement, de tous ces gens que j'aidais à sourire de nouveau.

Dorénavant, je veux continuer à profiter de tous ces beaux moments mais, cette fois, je veux aussi m'aimer et vivre pleinement, sans conditions ni restrictions que ce soit.

Je le veux de tout mon être !!!

 

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