Qui Je Suis ... Où J'en Suis

Les propos que j'exprime dans les lignes qui suivent pourront paraître farfelus ou fantaisistes, et même, pour certains, prétentieux. J'en conviens. Si je n'en avais pas le souvenir et la certitude, il est possible sinon probable que moi aussi je penserais ainsi. Probablement aussi, il y a longtemps que j'aurais sollicité de l'aide psychiâtrique pour me « guérir » de mon imagination hypertrophiée ( non pas qu'à certains moments je n'y aie pas songé sérieusement, encouragé par les conseils de ceux qui me voulaient « du bien »). Je serais peut-être, encore aujourd'hui, sous forte médication calmante, comme ces enfants qu'on appelle « hyperactifs » ou, plus poliment, « en déficit d'attention »...

C'est une des méthodes qu'utilise notre société évoluée et humanitaire pour se débarasser des éléments trop marginaux dont le comportement est jugé indésirable. Ceux qui n'entrent pas dans les rangs, ceux qui débordent des cadres, ceux qui posent trop de questions gênantes, les différents, on commence par leur faire sentir qu'ils devraient réviser leur comportement, on leur offre du « counselling » psychologique pour qu'ils prennent conscience de leur marginalité et qu'ils prennent des mesures pour se « corriger ». Quand il s'agit d'enfants, on fait comprendre aux parents que, pour le bien de leur enfant, ils ont tout avantage à « collaborer » à la « thérapie préventive », ou, du moins, à ne pas s'y opposer sous peine de se voir retirer la responsabilité, temporairement ou de façon permanente. La peur et la honte font des miracles pour obtenir l'assentiment...

Si la première étape ne donne pas les résultats escomptés, on passe à celle de la marginalisation pur et simple; la personne est retirée de son milieu et placée dans un milieu « contrôlé » sous la garde de spécialistes du comportement, les « Intervenants », qui peuvent même être délégués en milieu familial pour aider les parents et les proches à « comprendre le problème » et devenir eux aussi des intervenants.

Si le cas s'avère trop réticent, on passe à l'étape de la médication: ritalin, prozac et autres dérivés chimiques sont administrés selon des dosages appropriés qui vont assurer que le patient devienne calme et docile, on appelle cela diminuer ou éradiquer l'angoisse. Dans une majorité de cas, le traitement se stabilise à ce niveau; bien sûr, la médication devra être prise à vie et augmentée, au besoin; il n'est surtout pas question de l'arrêter, c'est même presque impossible: le sevrage de ces médicament s'accompagne dans la plupart des cas de poussées suicidaires ou homicidaires.

Pour les personnes qui ne répondent pas aux étapes ci-dessus ou pour celles qui refusent le traitement préventif, la solution préconisée est l'internement à plus ou moins long terme dans un établissement de soins psychiâtriques, avec ou sans possibilité de « permissions », selon le degré de « coopération » dont fera preuve le « bénéficiare ».

N'allez pas croire qu'il y a de la méchanceté dans ce système, non, non, non. Tout est pensé en fonction du bien de tous, c'est un système considéré comme le plus humanitaire de tous les temps. Selon la logique de tout groupe social, religieux ou familial, il est primordial de protéger ses membres et de maintenir un certain ordre pour la continuité du bon fonctionnement du groupe, et même, de protéger le déviants contre « eux-mêmes », car en plus de causer préjudice à leur groupe, ils se font du tort à eux-mêmes en se mettant à part des autres. Rien de méchant là-dedans, c'est la loi de la raison et de la sécurité sociale que de maintenir le contrôle sur les rouages de la machine, que tout marche sur des roulettes... Sinon, on risque de se retrouver dans le chaos, l'anarchie et le désordre; tout le sytème social s'écroulerait et ce serait la fin de la civilisation.

Du moins, c'est la croyance populaire, encouragée un peu, beaucoup par les organes de propagande officiels de la classe gouvernante...

Bon, ceci dit, je veux qu'il soit clair que ce que j'exprime en ces lignes n'est pas présenté comme vérité absolue ni dans le but de vous « faire croire » quoi que ce soit. Chacun choisit ce qu'il perçoit comme étant réel pour lui-même; ainsi, chacun devrait avoir le droit d'exprimer ce qui lui paraît réel sans être jugé ni condamné en aucune façon.

Du moins, c'est ma croyance à moi...

J'aimerais clarifier, tout d'abord, pour ceux et celles qui liront ces lignes que lorsque j'exprime ce que je perçois, je l'écris tel que je le ressens, spontannément, avec tout son contenu émotionnel, affectif, sans analyse. Je le ramène, pour ainsi dire, dans cet « ici et maintenant ».

En premier lieu, pour moi-même, afin de l'observer à loisir et en retirer ce que je choisis d'en retirer pour la continuité de mon existence, ce que je ressens comme mon évolution personnelle. Pourquoi ? Principalement parce que je ressens de le faire ainsi, parce que c'est ce que je choisis de faire, parce que JE LE VEUX.

Raisons secondaires ? Côté logique, je ne sais pas; j'écris intuitivement ce qui me vient, sans idée préconçue ni plan. Le titre me vient et ensuite, tout le reste en découle sans effort intellectuel, d'un seul jet. Je n'ai qu'à laisser couler. Cela a toujours été ainsi pour moi, cette spontannéité d'expression, que ce soit dans l'écriture, l'action, les paroles, les sentiments, cela sort tout seul... À cause de cela, je me suis bien souvent fourré dans le pétrin au cours de ma vie, j'ai bien souvent été accusé d'inconstance et même de mensonge dû à cet apparent manque de clarté. Maintes fois, sous les commentaires de mes proches et des gens autour, j'ai considéré ce trait de ma personnalité comme un vilain défaut, une tare. Surtout en présence de personnes de mon âge ou plus âgées; avec les enfants, je me permettais d'être totalement moi-même, sans retenue.

Maintes fois, j'ai fait des efforts pour me « corriger » en utilisant la méthode « réfléchir avant de parler ». C'était très efficace pour enrayer mon côté bavard: dès que je me mettais à penser, mon esprit devenait totalement « blanc » et les quelques mots qui sortaient de ma bouche se révélaient autant d'inanités plates. Finalement, au lieu de discuter, je finissais par me dire d'accord avec mon interlocuteur, je lui donnais totalement raison et je disais que avais changé d'avis, tout simplement pour éviter les discussions et les disputes. Par la suite, en sa présence, je faisais comme s'il m'avait convaincu, j'agissais selon ses idées; mais, dès que je me retrouvais seul avec moi-même, je revenais à mes convictions, en cachette. Je passais donc pour un simple, un peu niais, qui ne savait pas vraiment ce qu'il voulait, une girouette que le vent fait tourner à sa guise. Je donnais l'image d'une personne sans volonté propre, un peu étrange, mais hyper sociable avec qui il était facile de s'accorder.

Je changeais d'idée au gré de ceux qui se trouvaient autour de moi. Pour éviter les malaises, je disais « blanc » avec les blancs et « noir » avec les noirs et j'adaptais mon comportement selon ce qui me paraissait acceptable pour les gens avec lesquels je me trouvais. Comme je ne savais pas « raisonner », je donnais rarement mon propre point de vue, je concédais aux autres leur supériorité intellectuelle sur moi. Du moins, en leur présence... Ceci faisait de moi, je le réalise, un fieffé menteur, puisque mon être intérieur continuait de n'en penser qu'à son idée, et d'agir selon sa vérité dès que j'étais libre des autres.

Plus je trompais les autres, plus je me sentais dégradé en moi-même, plus je me voyais comme un couard qui n'avait pas le courage de se montrer tel qu'il était, sauf avec les enfants, quand je faisais de la musique et lorsque j'écrivais, pour moi-même, mes idées, mes réflexions sur la vie, mon amour, ma tendresse, ma rébellion, ma peine, mon désespoir, ma rage, mon impuissance face à ce que je considérais comme ma lâcheté. Je peux même affirmer que trois choses m'ont sauvé de la folie ou du suicide: la musique, l'écriture et de m'occuper des enfants. Ces trois éléments ont constitué mes uniques moyens de fuir momentannément ma lâcheté et de retrouver une part de mon intégrité personnelle.

N'empêche que je me sentais bien souvent plus seul en société que dans la solitude de mon être. Je me sentais bien plus aimé et en confiance dans mes dialogues avec mon coeur que dans les chassés-croisés interpersonnels que l'on appelle la vie en société. Certainement, je me blâmais parfois vertement et je doutais de mon amour pour moi-même dans les moments où je cédais à la tentation de tout laisser tomber, de ne plus croire en moi, de ne me voir que des défauts. Combien de fois me suis-je dit que je devais être vraiment malade psychologiquement et que ma place devait être dans une institution?

À ces moments-là, j'avais énormément de difficulté à continuer de croire en moi-même; tout, autour de moi, me donnait l'impression d'avoir tort... Mais, encore là, mon coeur continuait de me murmurer de continuer, malgré tout, pas pour avoir raison ou tort, pas pour faire la preuve de ma supériorité, mais simplement parce que c'était ce que je suis venu faire ici, donner un message « autre ». Peu à peu, j'ai commencé à comprendre et surtout, à accepter qui je suis... peu à peu... QUI JE SUIS..

Je suis un Être qui veut comprendre, qui veut ressentir TOUT ce qu'il y a à ressentir de l'Existence. Quoi de plus naturel, donc, que de le revoir, constamment renouvelé, de l'examiner sous d'autres facettes, de le comparer à toutes les autres facettes de la vie dont j'ai fait l'expérience, tout au long de mon parcours ? De voir comment je puis m'en servir pour les transformer en d'autres facettes, de les combiner ensemble, d'y mettre un soupçon de créativité, d'en faire une nouvelle aventure à explorer ?

Obsession sur le passé ? Égocentrisme ? Égo-trip ? Masturbation Intellectuelle ? Fuite de la réalité ? Refus de vivre au présent ?

Qu'on me dise ce qu'est le passé, le présent, le futur. Qu'on m'explique ce qu'est l'égo, ce qu'est l'intellect ? Qu'on me définisse la Réalité... Qu'on fasse tout ça sans utiliser les anciens clichés, qu'on évite les formules toutes faites, les mots-tiroirs, les généralités faciles. Qu'on définisse tout ça selon son propre ressenti. Ensuite, on en reparlera...

Toutes ces évaluations ne m'effleurent l'esprit que parce que d'autres se permettent de me juger ainsi. Eh oui! Cela me touche, parfois plus profondément que je ne le laisse voir. Je suis et je demeure humain, je suis né dans un corps humain, dans un monde d'humains, avec, dans le coeur, tout le baggage des sentiments, des émotions, des ressentis humains. J'ai reçu une éducation humaine, j'ai vécu des expériences humaines, je me suis inculqué toutes les lois de la morale humaine, j'ai fait le tour de tout ce qui était « juste », « injuste », « bien », « mal », « correct », « incorrect », « vérité », « mensonge », « fidélité », « infidélité », tout cela du point de vue humain. Je désire aussi participer à ce monde où je suis, je désire me sentir à MA place.

Mais... Quelle est MA place, au juste ?

Un jour, pourtant, mon Coeur s'est réveillé. Un jour, une voix, petite et fluette, m'a dit: « Regarde aussi ailleurs. Retrouve-TOI. Il y a AUSSI autre chose... » Au début, elle me dérangeait, cette voix qui m'empêchait de tourner en rond, je la chassait, comme un insecte qui me bourdonnait autour et m'agaçait. Mais plus je la chassais, plus elle se faisait insistante: « Tu m'as demandé toi-même de te réveiller et de ne pas te céder un iota de terrain. Tu m'as ordonné de t'agacer, même si ça te rendait fou. JE SUIS TOI, donc, je fais selon TA VOLONTÉ. »

C'est alors que j'ai commencé à me souvenir... Malgré ma raison humaine, malgré ma peur d'être mis à l'écart de l'humanité, malgré tous les doutes, tous les questionnements, toutes les colères contre moi-même, j'ai commencé à me rappeler QUI JE SUIS...

J'ai réalisé que j'ai toujours su que MA place est celle que je choisis de prendre à n'importe quel moment de mon existence; cela a toujours été une question de choix et d'action dans la direction choisie. J'ai toujours considéré que rien ni personne ne peut m'imposer quoi que ce soit que je n'ai pas choisi. J'ai le droit et le pouvoir de changer de place comme bon me semble, d'aller explorer d'autres chemins si le coeur m'en dit. Je n'ai même pas l'obligation de justifier mes choix, ni d'expliquer mon changement de direction si je choisis ainsi. Cela devient une question de discrétion et non pas une promesse à garder.

Les choses se compliquent uniquement lorsque les autres, plus spécifiquement ceux pour qui je ressens de l'affection, décident que mes choix sont moins valides que les leurs et exigent que je devrais accommoder mon être selon ce qui est valable pour eux. Quand ces être aimés insistent sur le fait que l'amour exige que l'on s'accomode l'un à l'autre et en font une condition essentielle à la continuation de la relation, cela me peine et me désole. Parfois même, cela me pousse à remettre en cause mon intégrité et ma certitude dans mes choix, particulièrement quand il s'agit de ce concept tellement vaste, mais tellement mécompris que l'on nomme « Amour ».

La notion d'Amour entre deux ou plusieurs êtres la plus acceptée dans notre société actuelle est celle que ceux qui s'aiment doivent obligatoirement se fondre et ne former qu'un seul être le plus homogène possible, sans accroc, sans trop de dissonances ni de divergences. Cela implique très souvent que les goûts et les préférences personnelles de chacun des partenaires doivent s'harmoniser, c'est-à-dire, en langage clair, que la façon d'être de l'un ne doit pas choquer, agacer, heurter ni faire honte à celle de l'autre, ceci se fait sous la forme de compromis, de sacrifices et de concessions qui se veulent mutuelles. La Loi Première de l'amour humain semble être, « Quand on Aime vraiment, on ne regarde pas ce que l'on donne, cela va de soi. ».

Idéalement, cela paraît bien logique, bien sensé; dans la pratique et au fil du temps, cela devient une sorte de comptabilisation des sentiments qui pourrait se résumer ainsi, « Je te concède ceci si tu me concèdes ceci » et ainsi de suite; souvent, ces conditions sont tacites, entendues et attendues. Un des partenaires finit par se sentir lésé et à ce moment, on tombe dans le sentiment d'injustice suivi de près par les reproches non dits; ensuite vient le ressentiment et enfin, le désir de se justifier en commettant quelques « infidélités » en cachette.

« Et le dialogue dans tout ça ? » demandez-vous. Oui, le dialogue peut aider à éviter ces pièges, mais à la condition essentielle que la communication s'établisse dans une atmosphère « gagnant/gagnant » et non, comme cela se passe le plus souvent, dans le genre de négociations où chacun cherche à convaincre l'autre du bien fondé et de la logique de son point de vue. À ce moment, le dialogue devient une sorte de confrontation de volontés où « le plus fort » (lire, celui qui croit qu'il a raison) l'emporte et où tous les coups sont permis, y compris les larmes, la colère, les accusations, les regards attristés, les gros soupirs de victime, et, enfin, la dernière réplique du dialogue: « Si tu m'aimais VRAIMENT, tu ne te poserais même pas la question... »

Ceci revient à faire sentir à l'autre qu'il ou elle n'est pas sincère, qu'il nous a menti et qu'il devrait avoir honte de lui-même. Ici entre en jeu la culpabilité, car comment faire sentir à quelqu'un d'autre qu'on l'aime quand cet autre nous affirme que non ? Les choix sont peu nombreux: on cède pour prouver que l'on aime VRAIMENT l'autre et pour se faire pardonner d'avoir été si injuste, si insensible et l'on conserve cette impression d'être coupable. Ou encore, on reste sur notre position et on se met en colère, cela peut bien se terminer par une séparation. On enfin, on fait le mi-chemin: on cède pour calmer la peine de l'autre mais on en conserve un ressentiment d'avoir été vaincu. Et cela revient à ce qui est écrit deux paragraphes plus haut.

Dans les trois cas, cela représente un échec.

Mais qu'est-ce donc que l'AMOUR ? Est-ce quelque chose qu'il faut constamment PROUVER à l'autre ? Est-ce une Union d'êtres qui doit remplir certaines conditions ?

Qu'est-ce que l'AMOUR VÉRITABLE ?

Pour moi, l'Amour représente, en termes d'idéal, une Commune Union Consciente d'Êtres qui s'Aiment. Je crois effectivement qu'ultimement, il en est ainsi. Nous sommes TOUS UN, c'est-à-dire, issus de la même Essence, du même Esprit, nous formons, par l'Esprit une Entité infiniment diversifiée.

Car cette ESSENCE que nous sommes, à un certain moment, a décidé de se différencier, de se distinguer en une infinités de facettes dans le but d'explorer une infinité de potentiels d'existences. Cette Essence diversifiée est ce que moi je perçois comme l'AMOUR dans son sens le plus total. Non pas une Commune Union, comme je l'ai écrit précédemment, mais plutôt une Essentialité Unique en elle-même dans toute la diversité de ses facettes.

Pour moi, l'amour humain n'est qu'un reflet de l'une des facettes de cet Amour Essentiel, important, certes, dans l'évolution du genre humain, mais seulement dans le mesure où il facilite mon cheminement vers mon but ultime. C'est ma vision de l'Amour. Celle que j'aimerais partager avec un ou plusieurs Êtres qui résonnent avec cette vision. Un Amour qui n'a pas de limites, pas de conditions, pas de fin.

Comme tout le reste de l'aventure humaine, l'amour humain a pris et continue de se vivre sous plusieurs aspects, selon les choix de ceux qui le pratiquent. À mes yeux, aucun aspect n'est plus ou moins valide qu'un autre; au contraire, la diversité offre un si vaste éventail de potentiels que la Vie n'en peut être qu'enrichie d'autant.

Dans l'exploration des diverses formes d'amour entre humains, certaines se sont démarquées plus que d'autres, peut-être, comme l'expriment certains guides ascensionnés, parce que le drame, la souffrance, la peine, la douleur mêlés à la jouissance, au plaisir, à l'extase et au désir de bonheur ont représenté et représentent encore, pour beaucoup, le champ de sensations le plus « intéressant », celui qui les fait sentir le plus « vivants ».

L'Être Essentiel, en quête constante de sensations semble se complaire particulièrement dasn les plus « fortes », les plus « touchantes ». L'amour exclusif répond excellemment bien à toutes ces conditions: il procure des potentiels de drame incroyablement diversifiés, des potentiels presqu'interminables...

Pour n'en nommer que quelques-uns : extase physique, émotionnelle et spirituelle, tendresse, plaisir, promesse de continuité, progéniture, sécurité, jalousie, trahison, peur, douleur, perte, tristesse, sensation d'abandon, d'appartenance, communion, joie intense, chagrin intense, blâme, gratitude, violence, aggression, meurtre, bien-être, etc.. Il n'est donc pas étonnant qu'il continue d'être l'activité la plus populaire des êtres humains...

Mais qu'en est-il de l'évolution ? Où veut-on aller en tant qu'Être ? Tous les choix sont possibles, toujours. On peut élire de continuer l'expérience telle qu'elle, d'y ajouter d'autres variations, d'en changer, de passer à autre chose... Tout est valide, tout est désirable, tout est possible, potentiellement.

Pour moi, ma présente existence représente un étape de transition entre l'ancien et le nouveau. Comme si j'avais voulu me faire passer un examen de fin d'études, mais en terminale. Je me suis fait vivre le plus haut et le plus bas de l'amour sur cette planète et, en bonus, je me suis aussi donné un avant-goût de ma prochaine exploration possible. Je ressens que j'ai voulu faire la synthèse de toutes les sensations vécues à travers tous les temps, non seulement par moi-même en tant qu'individu, mais aussi à travers le ressenti de toute l'humanité, de toute la Terre.

Dans le parcours de cette vie, je peux dire que j'ai connu les hauts les plus hauts et les bas les plus bas de toute mon existence, humaine ou autre, en tant que sensations dans un corps et en tant qu'esprit. Tout a été si intense qu'à certains moments, j'ai cru que c'était presqu'insupportable, j'ai pensé tout abandonner, arrêter là l'expérience.

Des bonheurs, des joies, des plaisirs si grands que j'aurais voulu quitter ce monde à l'instant, n'apportant que cette JOIE immortelle... Mais aussi des déceptions, des peines, des tourments, des blâmes de moi-même, des sentiments de culpabilité, des désespoirs si intenses que j'aurais voulu mourir à l'instant pour les effacer de ma mémoire, les faire disparaître de ma conscience...

D'autre part, il y a eu cet éveil de conscience graduel où j'ai finalement compris pour moi-même qu'il était temps de choisir: continuer le même schéma, arrêter et retourner au point de départ, retourner à ma famille éthérique ou bien intégrer le tout et aller vers d'autres explorations ?

Le plus difficile pour moi à intégrer fut toute cette culpabilité que je me suis fait ressentir d'avoir « mal agi » envers l'être que j'aimais, d'avoir causé de la souffrance à d'autres êtres, sans vraiment le vouloir consciemment, d'avoir « trahi » la confiance de l'amour. Cela reste encore à intégrer...

Je n'ai jamais mis en doute la profondeur de mon amour, j'ai toujours été sincère, j'ai toujours voulu donner beaucoup plus de joie, de bonheur, de plaisir que de douleur. J'ai toujours tenté de ressentir la personne avec qui j'étais et lui donner avant même de recevoir moi-même. Cela, il fallait que je le voie vraiment et totalement, que je le ressente pour rééquilibrer ma balance intérieure. Je devais réaliser que je ne suis pas le « der des der ».

J'avais aussi à accpeter que personne n'était « coupable » de quoi que ce soit, tout ce qui a été vécu et ressenti fait partie des expériences de vie mutuellement acceptées de part et d'autre. Les choix ont été faits librement, en toute conscience, inconstestablement; il n'y a pas eu de « manipulateur », pas de « victime », pas de « traître », pas de « bourreau ».

Il s'agit maintenant pour moi, de passer à l'examen final et de me donner ou non le certificat de fin d'études. Sur ce certificat, j'ai mis la mention, « Responsabilité sur ma Propre Vie ».

M'accorderai-je la « note de passage »? Ou est-ce que je choisis de faire quelque temps de plus dans cette classe ? Est-ce que je retourne dans ma famille angélique ? Est-ce que je passe à l'étape suivante ?

Il n'y a pas d'honneur ni de déshonneur à faire un choix ou l'autre. Ce ne sont que des choix de Vie. Le seul examinateur est moi-même; je suis le seul à pouvoir observer tout ça, en tirer les conclusions et décider de ce qui vient après. Je ne peux pas être « recalé », sauf si je décide de le ressentir ainsi; là encore, c'est MON choix. Et le certificat n'a de valeur que celle que je lui accorde, MOI, et personne d'autre.

MOI, JE SUIS, CHOISIS DE PASSER À L'AUTRE ÉTAPE.

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