Ouvrir des SentiersIl me semble que les années ont passé sans que je les compte et c'est très bien ainsi, car lorsque la pensée me vient, j'ai tendance à traîner dans le regret. Quelle émotion que le regret!
- Regret de ce que j'aurais dû faire que je n'ai pas fait et de ce que j'ai fait que je n'aurais pas dû faire. - Regret d'avoir perdu tout ce que je ne voulais pas perdre: les amis que je n'ai pas su conserver, les amours que je n'ai pas su aider à s'épanouir. - Regret des bonnes intentions que je n'ai pas souvent menées à terme. - La solitude qui fut et est encore mon lot parce que je ne peux pas abandonner l'idée qu'il faut faire quelque chose, et vite, cette course vers l'extinction où nous mène l'individuation poussée à des extrêmes de plus en plus radicales. - Regret, aussi, de ne pas avoir près de moi cette personne chaleureuse et décidée avec laquelle le travail aurait paru et paraîtrait moins amer parfois.
Mais ces choses sont passées, je ne les possède pas; j'ai agi ou pas agi les actions qui ont fait en sorte que je me retrouve dans ma situation présente. Voilà donc le Présent. Le Passé est passé, fait. Tout ce qui demeure est aujourd'hui et demain. Je continue de créer à chaque jour le grand Rêve que j'ai, c'est, pour moi, l'unique solution; que je sois seul à agir selon mon Rêve me déçoit mais ne m'enlève pas le goût ni le désir de continuer. Appelons ça ce que l'on voudra: obsession, folie, idée fixe, rébellion, utopie, chimère ou n'importe quoi, moi, je continue parce que je crois que c'est une chance d'apporter un peu de réconfort et un peu d'évolution à tous les enfants de la vie, mes proches en l'Esprit. Je n'ai plus le temps ni le besoin de m'expliquer et de convraincre les autres; qu'ils s'expliquent et se convaiquent par eux-mêmes ou non, c'est leur temps qu'ils utilisent et non le mien. Le mien, il est mieux utilisé à faire du bien à ceux qui le veulent vraiment. Les autres, ils ont tous les matériaux nécessaires à leur libération, s'ils le désirent et ils peuvent prendre tout le temps qu'ils veulent pour arriver à leurs propres conclusions, quelles qu'elles soient. Moi, je n'ai plus besoin de ce temps ni de cette opportunité, je me suis placé, volontairement ou non, consciemment ou non, dans une position où je n'ai plus d'appuis extérieurs. Je ne compte maintenant que sur mon guide intérieur, je suis donc devenu mon propre appui et je désire continuer jsuqu'à la fin de cette existence, agir le plus possible sans attendre d'aide ni d'appui de qui que ce soit. Cela sera ou ne sera pas, tant mieux ou tant pis; je ne veux plus temporiser ni transiger avec ma réalité comme je l'ai tellement fait auparavant, pour en arriver à des compromis qui ont joué à la fois contre moi-même et contre ceux que je voulais protéger et n'ont rien apporté de positif à l'élaboration de l'avenir. Je décide donc de continuer mon travail sans aucun compromis, car je vois en sais que c'est ce que j'ai à faire, selon mes propres choix. Je ne m'arrête plus pour rien ni personne; si quelqu'un veut m'accompagner, qu'il apprenne le pas et qu'il vienne, tant mieux. Mais moi, j'ai fini d'attendre: la forêt est grande, j'ai des sentiers à ouvrir pour de d'autres puissent les cultiver. À travers tout, je continue d'aimer et d'être tendre, je le serai toujours et je sais que je n'en mourrai pas. À tous ceux que j'aime, je postule le Bonheur et la Réalisation. Je n'arrêterai pas de les aimer. Bonne Vie!!! Claude Véziau, le 2 mars 1996
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