L'Ascension du Bébé-Maître

ou

Les Jeux de l'Esprit

Nous, en tant qu'êtres spirituels immortels et éternels, avons développé, au fil de nos cheminements dans cette Grande Aventure de l'Existence, un humour très particulier.

Que l'on me pardonne (ou non) le jeu de mots facile(je suis presque tenté d'écrire: Jeux de Maux (!)), mais je ne peux pas résister à la tentation. Nous, donc, Êtres, sommes des Grands Maîtres des “Jeux d'Esprit”. Donc, il était inmanquable que nos expériences soient truffées de “Spiritualité”, c'est-à-dire que nous “faisons de l'esprit' pour un oui, pour un non. C'est automatique, incontournable, dirais-je même. Nous sommes vraiment incroyablement “spirituels” lorsqu'il s'agit de nous faire croire des choses... Et de plus, nous sommes extraordinairement fiers et imbus de notre propre “Sagesse”, au point d'en être naïvement crédules...

Le but de ceci est très simple: « Voyons jusqu'à quel point l'on peut se cacher de soi-même et dans quels labyrinthes inextricables l'on pourra se fourrer afin de prolonger le plus possible l'expérience avant de se retrouver. »

Bien sûr, c'est un jeu d'enfants, cela s'appelle « Jouer à cache-cache » ou encore, pour ne citer qu'une variante, « Collin-maillard »

Et plus on avance dans la re-découverte de soi-même, plus les jeux deviennent subtils, insidieux et humoristiques. Oh! Ils ne sont pas compliqués du tout, ces jeux, au contraire, les solutions nous « pendent au nez », comme on dit; seulement, et voilà la subtilité, que plus l'on entrevoit des parcelles de « vérité », plus l'on devient convaincu de notre grande Sagesse à déjouer les sombres et complexes machinations de l'Esprit contre nous... Nous oublions seulement un petit détail: NOUS JOUONS AVEC NOUS-MÊMES... Hum... Vraiment intelligent, non ? La simplicité nous échappe, nous regardons trop loin, trop au-delà, nous ne vouons pas ce qui est là, devant nous...

Souvent, très souvent, cet excitant jeu de cache-cache se manifeste lorsqu'on commence à peine à « percer le voile de l'oubli ».

Qui, en effet, n'a pas cru, dès le début de son parcours, qu'en ayant « trouvé » une parcelle de vérité, il ou elle avait, de fait, terminé son périple, que « tout-était-maintenant-clair » et qu'il était désormais inutile d'aller plus loin, étant donné qu'on « savait tout »!!! Enfin! Le voyage pouvait se terminer...

Eh oui! L'on croyait avoir trouvé le savoir des savoirs, la Vérité Absolue. Autrement dit, on avait terminé le voyage sans avoir même embarqué dans le train, parfois même, avant d'avoir acheté son billet. On se disait que ça ne valait pas le coup de le prendre, ce fameux train, puisqu'on savait déjà tout ce qu'il y avait à savoir du voyage; le train, c'est pour les autres, les imbéciles(ou avec plus de compassion, les « pôvres » qui n'avaient pas su trouver, c'est la même chose)...


Et voilà... Nous voici au Paradis! Nirvana! Aum Mani Padme Aum! Amen! Alleluia!!!

Tout ça pour se réveiller, un beau jour, au somment d'un long et haut poteau, dans les nuages, sur une plateforme très exigüe, en se rendant compte qu'effectivement nous avions atteint UN sommet. Bravo!!! Très bien!!! Maintenant, comment on fait pour continuer ? Où est l'issue ? Où est tout le monde ?

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Vraiment très Spirituel, non?

Claude Véziau, 22 juillet 2008

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