Paroles Entre Anges
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Les seuls moments où ça ne bougeait pas, c'est quand je m'efforçais d'oublier qui je suis et de me soumettre aux "réalités évidentes" que les autres me répétaient sans cesse qu'il fallait accepter sans se poser de questions. Mais ces moments de "stabilité" ne duraient jamais bien longtemps, je finissais toujours par me retrouver face à moi-même, à me demander ce qui était vraiment "réel" ?
Pour ma part, j'en suis venu très vite à douter de mes intentions... On me disait que je n'étais qu'un égoïste et qu'au fond, je ne vivais que pour moi-même...pour mon plasir, parce que j'aimais trop ce que j'appelais "servir", ma foi, on me faisait croire que cela ne pouvait pas être du service parce je semblais y prendre trop de jouissance. Tiens... un autre gros mot... Parfois, j'en avais marre de me sentir si seul et isolé, alors, j'essayais de "prouver" aux autres que je méritais de faire partie de la race humaine; j'en faisait tellement pour les autres.Alors, je me suis mis à faire croire aux autres que je souffrais beaucoup à me sacrifier pour les autres, je voulais "briller par mon héroïsme", en quelque sorte... Mériter l'admiration...
En effet.Parfois, je me foutais de ces commentaires, mais, d'autres fois, je me posais des tas de questions: Pourquoi fallait-il absolument que le service aux autres soit une tâche difficile, un "sacrifice" ? Avais-je le droit d'y prendre du plaisir ? Étais-je vraiment sincère ? Est-ce que je n'étais pas plutôt un égoïste inconscient, comme on me disait souvent ? Toujours, mille et mille questions sur mes véritables intentions. Toujours et toujours la même réponse: "Ton coeur est tellement rempli d'Amour que ça déborde, tu ne peux pas le retenir, tu dois l'exprimer, le partager, constamment. C'est TOI qui le VEUX ainsi, TU le choisis consciemment, même si tu es blessé parce que plusieurs ne comprennent pas QUI TU ES. TU ES UNE LUMIÈRE, UN EXEMPLE POUR CEUX QUI SE CHERCHENT ET QUI DÉSIRENT SE RÉVEILLER. CONTINUE... NE TE DÉCOURAGE PAS, NOUS SOMMES À TES CÔTÉS, TU N'ES JAMAIS SEUL.C'est pour COMPRENDRE QUI TU ES que tu te fais vivre cela. Pour comprendre et, qui sait ?, en aider d'autres à comprendre." Et alors, je continuais et je continuais et je continuais, sans relâche, à travers la pluie et le beau temps, les bonheurs et les peines, les amis jeunes et la solitude de l'illusion de l'abandon de mes compagnons humains de mon âge. À force de me faire dire que je serais toujours seul parce que je "ne savais pas aimer véritablement", je vivais de grandes périodes de découragement, des moments où je voulais tout laisser tomber "ces illusions enfantines et naïves" pour me consacrer aux "choses vraies de la vie", le travail pour gagner sa vie, obtenir la sécurité matérielle pour enfin "mériter" qu'une femme m'aime et accepte de partager sa vie avec moi; bien sûr, si je répondais aux conditions requises de "responsabilité", formule humaine standard... Parfois même, j'ai eu le désir de retourner de l'autre côté, à la paix et à la certitude de l'Esprit.
Je désirais que la femme qui partagerait ma vie partage aussi cet amour que je portais aux enfants, je désirais qu'elle soit à mes côtés et que nous puissions créer un Amour si Grand et si Profond qu'il transformerait le monde entier !!! Voilà qu'à l'âge de 19 ans, j'ai cru l'avoir trouvé, cet idéal d'Amour de mes rêves: je l'appelais Ma Rose, une fille douce et simple qui, au début, n'était pas aussi sûre que moi que j'étais l'homme de sa vie. Mais elle me trouvait tellement courageux et décidé, pour elle, j'étais un héros, son Chevalier Blanc, sans peur et sans reproche, son Petit Prince, et je ne sais quoi, mais certainement pas un homme qui pourrait lui offrir la sécurité matérielle dont elle avait besoin, inconsciemment, elle avait raison. Après 5 ans de fréquentations platoniques, j'ai fini par la convaincre que je deviendrais "responsable père de famille", mari aimant, bon travailleur, et tout ce qu'elle désirait, car je l'aimais... Je dis bien "la convaincre" car elle n'était pas du tout certaine que je pouvais le devenir. Nous nous sommes donc mariés et j'ai passé les 10 prochaines années à lui prouver qu'elle pouvait me faire confiance (!!!!! ????? !!!!!). Nous avons eu 3 enfants et j'ai peu à peu délaissé mes "activités de jeunesse" pour me consacrer aux responsabilités d'homme marié, de bon père et bon mari... J'ai fini par me convaincre moi-même que mes rêves ne valaient pas la réalité. Ce fut une double trahison à mes yeux: premièrement, je trahissais la confiance et l'amitié des enfants en rejetant l'engagement que je m'étais fait à moi-même vis-à-vis d'eux et deuxièmement, je me trahissais moi-même en me faisant croire que je ne devais pas trahir l'engagement envers Roxane et notre famille parce que c'était ça, le plus important. En plus, je le savais bien dans mon coeur, mais je n'osais pas me l'avouer à moi-même, la principale raison de mon engagement de couple était la PEUR de rester SEUL et sans cet amour de couple... C'est pourquoi j'ai accepté de faire la concession de mon amour pour mon groupe d'enfants, je les ai troqués contre l'illusion d'un amour de couple...
Après 10 ans, je n'en pouvais plus de me sentir si couard, je m'en voulais de m'être encore une fois trompé moi-même et, en plus, j'avais le sentiment et la conviction d'avoir trompé Roxane et mes enfants. J'ai fait encore une fois l'expérience de ma propre culpabilité, du regret, du blâme, de l'apitoiement et j'en passe...
En effet. J'avais encore bien du chemin à faire pour me pardonner à moi-même le mal que je croyais avoir fait aux êtres que j'aimais, à ma compagne, à mes enfants, à tous ces autres enfants que j'avais abandonné sans presque leur dire un mot d'adieu ni d'explication... Mais je vois maintenant que ce fut aussi un grand cadeau, car je venais enfin d'accepter d'ouvrir les yeux sur moi-même et de regarder QUI j'étais et QU'EST-CE QUE j'étais venu faire sur cette planète. Je n'acceptais plus dorénavant de me cacher, "no more hiding from myself"; à trente ans, j'en avais ras le bol des miroirs et des jeux de société. Ou bien, je choisissais de suivre mon coeur, ou bien j'en finissais avec cette vie, encore une fois, comme tant d'autres fois...
Ensuite, j'ai connu Nicole et la situation d'être père d'un nouvel enfant sans avoir de vie de couple amoureux. La jalousie maladive, les crises de psychose, les drames, aussi les moments de réalisations et de reconnaissance et, finalement, le Grand Pardon !!! Après un autre 10 ans à me faire payer (peut-être pourrais-je dire, "expier" ?) mes "crimes contre l'humanité", je me suis cru "guéri" et devenu "sage ascensionné" (hahaha!). J'étais sous l'illusion que je m'étais transformé en Grand Maître... Alors, bien sûr, je me suis attiré un autre Grand Amour : Rocio, ses deux petites filles et sa mère... Il fallait que je me fasse comprendre quelque chose encore: que la simplicité passe par l'acceptation et la compassion. J'avais besoin de réaliser que je n'avais pas besoin de prouver à qui que ce soit que j'étais "parfait"...
J'ai vraiment la tête dure, moi, il m'en faut des coups pour comprendre... Après 5 ans, elle s'en est allée vivre avec un ami à moi et m'a fermé les portes de son "amitié". Bon l'histoire continue, mais devient de plus en plus claire: ou bien je me respecte ou bien je continue de vivre une vie à la con, truffée de drames, de coups de théâtre, de "souffrances" et de "douleurs" (Ô pôvre de moi !), une vie qui commençait à ressembler à du pareil au même... Réveille-toi, enfin, petit Claude ! J'ai enfin décidé de retourner à la vie de service qui m'apportait tellement de joie, surtout chanter mes chansons, jouer ma musique, créer des oeuvres qui me faisaient du bien tout en apportant un certain réveil à ceux qui le voulaient bien. Recommencer à travailler avec des jeunes laissés pour compte. Je n'avais pas renoncé à trouver cet Amour de couple de mes rêves, mais maintenant, j'avais compris qu'il ne pouvait se vivre que si je m'aimais moi-même, follement et sans conditions. Les compromis sont exlus, même s'ils prennent les couleurs de "l'amour vrai (?)"; on ne peut aimer sans conditions et en même temps poser des limites à cet amour, c'est un non-sens pour moi. J'ai enfin choisi d'être fidèle... à ma parole envers moi-même, même si cela m'apporte l'illusion de la douleur, de la solitude et encore un peu de sentiment de culpabilité pour me séduire vers "les réalités du monde vrai", de la "vie en société", pleines de compromis et d'accomodements en trompe-l'oeil. Alors, voilà où j'en suis aujourd'hui, en 2008, après 60 ans de vie sur cette Terre. Je sais bien que l'histoire n'est pas toute racontée, pas toute vécu, que j'ai encore des chemins à parcourir et que je ne serai jamais "parfaitement" heureux. Mais ce qui compte pour moi, c'est tout simplement d'aimer la VIE dans tout ce qu'elle EST et de m'AIMER MOI dans cette VIE. Peut-être est-ce ma plus grande contribution à TOUT CE QUI EST, d'ÊTRE totalement MOI... C'est peut-être ça, la véritable perfection ? Eh bien, chère Lumière, je crois que j'ai répondu à tes question dans l'histoire plutôt longue que je viens de te raconter... Pour le reste, il faudra que tu le ressentes en toi en me ressentant aussi... Et peut-être, aussi, que tu vives tes propres expériences. Pour moi, une autre histoire se termine et encore une autre recommence; je vois maintenant qu'il en sera toujours ainsi. Nous sommes en éternelle transformation.
Oui, c'est aussi mon ressenti sur la vie en couple.
Oui, je viens de terminer la lecture des deux derniers Shouds de la série du Saut Quantique et ça résume parfaitement mon ressenti sur ce que c'est que ce "soi-même". Je me rends compte que j'ai toujours eu ce point de vue et que toutes les expériences de cette vie n'ont fait que m'apporter de plus en plus d'éclaircissements sur ce sujet de "vivre SOI-MÊME".
Oui, se respecter soi-même et s'aimer soi-même avant tout. Être de parole envers soi-même; l'évolution, c'est le changement constant, la curiosité, la création constante de nouvelles expériences. La seule chose qui ne change jamais, c'est la VIE que nous SOMMES, pas les engagements et les actions que l'on fait pour enrichir la somme de TOUT CE QUI EST. Qu'est-ce que ce serait pour toi, "aller vers le meilleur" ? Pour moi, aller vers le meilleur, c'est suivre toujours les chemins que l'on choisit et les ressentir totalement. Ce n'est pas un jugement de valeur, c'est un état d'être conscient et d'apprécier toutes les facettes de ma propre existence avec tous les ressentis. Simplement ça. Et aussi de savoir que les autres suivent leur propre vision de l'existence qui, pour eux, est aussi la "meilleure".
C'est aussi mon grand désir, peu importe ce que chacun considère comme "le meilleur". Je t'embrasse Claude, que tu sois en paix. Je t'embrasse aussi et te remercie de ton souhait. Je le suis, en paix, même au milieu de la pire tempête, car la paix pour moi, c'est d'être en VIE et de ressentir chaque instant pleinement. Je te le souhaite aussi. Selon tes propres désirs. |
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